modèle étiologique de Barlow

Crises de larmes, agressivité, colère, désobéissance, maladies et présence à l’infirmerie répétée, fortes agitations, agrippements … sont tant de comportements qu’a votre enfant lors de la période scolaire ? Les vacances vous semblent beaucoup plus calmes ? Votre enfant semble faire un refus scolaire ou un décrochage avec peu de motivation pendant les cours ?  Votre enfant éprouve en réalité une grande douleur émotionnelle, il est difficile pour lui de rester à l’école et souffre de cette obligation. Une attaque de panique naît à la simple idée de l’école. Nous parlons alors de phobie scolaire. 

  1. Qu’est-ce qu’une crise de panique ?
  2. Qu’est-ce que la phobie scolaire ?
  3. La phobie scolaire, ça touche qui ?
  4. Quelle est la raison de la phobie scolaire ?
  5. Phobie scolaire et angoisse de séparation, deux concepts liés ?
  6. Quels traits de caractères peut-on retrouver chez l’enfant ayant une phobie scolaire ?
  7. Comment savoir si mon enfant a une phobie scolaire ?
  8. Quelles sont les conséquences à court terme pour mon enfant ?
  9. Quels sont les risques à plus long terme ?
  10. Quand prendre en charge mon enfant ?
  11. Quelle prise en charge pour aider mon enfant avec une phobie scolaire ?

Qu’est ce qu’une crise de panique ? 

Une attaque de panique survient lorsque l’enfant se sent en danger et qu’une peur intense le submerge. Il n’est pas toujours facile pour l’enfant de comprendre, ou déceler ou même de reconnaître sa crise de panique. Cette attaque de panique peut se manifester de différentes manières. Il peut particulièrement suer, avoir mal au ventre, de l’hyperventilation, des cris, des larmes,  avoir des sensations de vertiges, des nausées, de la tachycardie, des vomissements, des tremblements. 

Il est intéressant de noter qu’une attaque de panique dure en général une vingtaine de minutes. En effet, au-delà de 20 minutes, le danger ne paraît plus imminent et intense pour l’enfant, et il commencera à créer une habituation de la situation. C’est avec cette information que fonctionnent les thérapies par exposition. 

Afin d’éviter cette crise de panique, l’enfant a tendance à éviter les cours, soit par de l’absentéisme, soit par des sorties pendant le cours ou encore en allant régulièrement à l’infirmerie. 

Qu’est ce que la phobie scolaire ?

La phobie scolaire peut aussi être appelée refus scolaire anxieux. Elle est définie comme s’agissant “d’enfants ou d’adolescents qui, pour des raisons irrationnelles, refusent d’aller à l’école et résistent avec des réactions d’anxiété très vives ou de panique quand on essaie de les y forcer”. 

La phobie scolaire est donc une peur excessive ou une forte anxiété irrationnelle face à l’angoisse de ne pas être assez doué à l’école, d’être humilié, critiqué, moqué par ses camarades, d’être seul en étant loin de ses parents etc.

La phobie scolaire, ça touche qui ? 

La phobie scolaire touche environ 3% des jeunes en âge de scolarisation obligatoire. C’est pourquoi, beaucoup de rendez-vous en pédopsychiatrie sont pris pour pallier et comprendre cette angoisse. Les garçons ont tendance à être plus atteint par ce trouble que les filles, même s’il n’y a pas une différence encore trop importante.

Pour ce qui est de l’âge, la phobie scolaire peut apparaître n’importe quand lors de la croissance. Elle peut apparaître dans l’enfance ou à l’adolescence.

Quelle est la raison de la phobie scolaire ? 

Cependant, certaines périodes de la vie du jeune pourraient avoir tendance à favoriser cette angoisse. Le passage d’un niveau à un autre ou la puberté peuvent avoir été vécus de manière particulièrement difficile

Il est également possible qu’un traumatisme soit survenu. Ce traumatisme a pu être vécu au sein de l’école elle-même (harcèlement, agression, racket etc.) et l’enfant y vit une expérience éprouvante. Mais le traumatisme peut ne pas avoir de lien avec sa vie étudiante, mais plutôt dans son espace personnel (divorce, conflit familial, décès, rupture amicale ou amoureuse etc.). 

Un enfant peut avoir une phobie scolaire parce que son environnement familial est trop protecteur. En effet, s’il est surprotégé, l’enfant a du mal à vivre une expérience loin de chez lui, et imaginera le danger dans les moments où il a dû quitter le domicile familial ou le parent. De manière générale, si vous surprotégez votre enfant, c’est parce que vous êtes vous-mêmes particulièrement anxieux.se. Vous transmettez alors cette hostilité des environnements à votre enfant, qui s’imagine toujours le pire dans toutes les situations. 

Phobie scolaire et angoisse de séparation, deux concepts liés ?

La phobie scolaire est souvent caractérisée comme une angoisse de séparation par les pédopsychiatres. L’angoisse de séparation est une angoisse excessive lorsqu’il se crée une distance entre le parent et l’enfant.

De manière tout à fait normale, entre 6 mois et 1 an, l’enfant commence à comprendre qu’il est un être à part entière, et pas le prolongement de ses parents. Il est donc normal pour lui, qu’à cet âge là, il soit inquiet d’une séparation ou d’un abandon possible entre vous et lui. Lorsque vous quittez le lieu où il est, il a l’impression que vous êtes parti, pour toujours. Un cadre rassurant et sécure, pour autant, qui ne soit pas surprotecteur, lui permet de stabiliser ces angoisses et ne les rend pas dysfonctionnelles. 

Il est possible que, lors de son plus jeune âge, la séparation avec vous (ou son père / sa mère) a été difficile et mal assimilé par l’enfant. Plus tard, l’angoisse peut se déclencher et qu’une journée à l’école, loin de vous (ou de lui/elle) est réellement mal vécue par l’enfant. Cette séparation quotidienne est considérée comme une déchirure, un réel traumatisme. 

Il n’y a pas de culpabilité à avoir de votre côté, il n’y a pas de parents parfaits, seulement des parents qui font de leur mieux. Mais votre enfant a peut-être besoin d’être rassuré davantage sur l’amour que vous avez pour lui, mais également sur ses compétences à s’en sortir seul, à réussir à s’indépendantiser. Montrez-lui que vous lui faites confiance, et que vous l’aimerez de manière inconditionnelle, peu importe ses décisions.

Quels traits de caractères peut-on retrouver chez l’enfant ayant une phobie scolaire ?

Souvent, les professeurs vont percevoir l’enfant ayant une phobie scolaire comme étant particulièrement timide. C’est pourquoi, il n’est pas rare que l’enseignant ne se rende pas compte du comportement dysfonctionnel de l’enfant face à sa scolarité. Ils considèrent souvent l’enfant comme étant introverti ou comme étant en décrochage scolaire. 

En réalité, l’enfant a envie de s’en sortir, mais il est en trop grande souffrance

Chez les enfants ayant une phobie scolaire, on retrouve beaucoup de jeunes avec une faible estime d’eux-mêmes, une très grande sensibilité. Ils ont également peu confiance au système académique et aux personnes qui s’y rattachent (professeurs, surveillants, camarades etc.). 

Ces enfants sont souvent de nature assez stressés, en ayant une grosse attente d’eux-mêmes face à leur réussite scolaire. Il se peut que le parent mette beaucoup de pression sur l’enfant quant à ses notes ou son orientation. Par exemple, il n’est pas rare de rencontrer des parents qui attendent de leur enfant d’aller en filière scientifique, d’accéder à une école prestigieuse, d’avoir au moins 16/20 de moyenne etc.

Comment savoir si mon enfant a une phobie scolaire ?

Il y a beaucoup de phobies qui s’expriment clairement, mais la phobie scolaire ne se manifeste pas forcément fortement, et peut se développer très progressivement. Il est tout à fait possible de passer à côté de la phobie scolaire. Néanmoins, plus on prend en charge tôt la phobie, plus l’enfant a de chance d’avoir des conséquences plus faibles sur le long terme. 

Chez l’adolescent, l’apparition peut être cachée, et on ne se rend pas toujours compte qu’il y a un réel problème sous-jacent ou, peut être assimilé à “la crise d’adolescence”. 

Les enseignants peuvent être vos premiers interlocuteurs pour comprendre ce qu’il se passe à l’école. Ils pourront vous décrire son attitude en classe, mais également ses relations avec ses camarades. La communication avec votre enfant face à ce qui se passe à l’école est primordiale. Vous pouvez prendre contact avec les différents acteurs de l’établissement qui sont en lien avec lui (surveillant, infirmière scolaire, direction etc.). 

Si vous avez des doutes concernant l’attitude de votre enfant, ou son niveau d’anxiété face à l’école, il est important d’aller consulter votre médecin, pédopsychiatre, psychologue etc. Il se peut qu’un professionnel de santé de confiance puisse comprendre votre enfant, et déceler une éventuelle phobie scolaire.

Avec les renseignements que vous avez lu sur différents sites, ou différents questionnaires que vous avez fait, vous retrouverez peut-être certains éléments qui semblent ressembler à ce que vous pensez de votre enfant. Vous pouvez retrouver certaines échelles évaluant la phobie scolaire de votre enfant. N’hésitez pas à communiquer tous vos ressentis et toutes vos pensées aux différents professionnels en lien avec votre enfant. Ils pourront vous aiguiller au mieux de la démarche à suivre, ou vous rassurer sur vos ressentis.

Quelles sont les conséquences à court terme pour mon enfant ?

A court terme, vous aurez l’impression de ne pas toujours reconnaître votre enfant. Il peut perdre sa joie de vivre, être assez apathique, refuser de faire certaines activités qu’il adore ou adopter des comportements que vous jugez étranges.

Il se peut également qu’il ressente des déprimes pouvant conduire à une dépression. Il devient triste, ressent certaines douleurs physiques, il se dévalorise de plus en plus. Il se peut qu’il ressente un sentiment de vide ou d’impuissance. Son humeur est changeante, et il devient facilement irritable. Il se peut qu’il soit agressif avec vous ou avec ses camarades ; ou, à l’inverse, qu’il se renferme sur lui-même. 

Petit à petit, il risque donc de se désocialiser et de se sentir seul et rejeté par ses amis. Vous avez peut-être, d’ailleurs, déjà constaté qu’il ne voit plus trop ses amis, qu’il ne fait plus de sorties avec eux, ou qu’il n’est plus invité aux anniversaires.

Il se peut également que des conflits naissent au sein de votre famille. En effet, dans un premier temps, vous pouvez avoir l’impression que votre enfant ne fait pas d’effort scolairement, et qu’il risque le décrochage. Cette angoisse lui met une pression supplémentaire et crée des querelles. Elles peuvent aussi se faire avec la fratrie. Vous pouvez donner l’impression à vos autres enfants d’accorder une plus grande importance à votre enfant phobique, et les autres risquent de se sentir délaissés. Cela peut donc créer jalousie et bagarres entre enfants. 

Quels sont les risques à plus long terme ?

A plus long terme, les risques sont, dans un premier temps, un décrochage scolaire. Votre enfant se sent tellement angoissé à l’idée d’aller en classe, dans la cour, passer un examen etc. qu’il sera souvent malade, ou n’ira pas dans son établissement. Son taux d’absentéisme augmente considérablement. Il ratera donc les enseignements et les contrôles. Moins il va en cours, moins il arrive à suivre la matière, et il se sentira en retard et ne voudra plus y aller. Il entre donc dans un cercle vicieux qui met à mal sa scolarité. 

La déprime qu’il a pu connaître, peut se transformer en dépression sévère. Il pourra une démotivation totale, une perte de vitalité, jusqu’à aller vers des envies suicidaires.

Petit à petit, il va y avoir un accroissement des troubles anxieux ou encore d’autres troubles psychiatriques. Il se peut également que votre enfant développe certains troubles de la personnalité. Il pourra donc avoir des troubles du comportements, adoptant des comportements hétéro-agressifs (agressif envers les autres) ou auto-agressifs (agressif envers lui-même avec des comportements mutilatoires par exemple). 

Quand prendre en charge mon enfant ?

Il n’est jamais trop tard pour prendre en charge son enfant s’il connaît une phobie scolaire. En revanche, si la prise en charge se fait de manière précoce, il y aura moins de risques à long terme qui se seraient installés. 

Il a été démontré que pour une prise en charge adaptée, elle doit être faite dans les 10 mois après l’apparition des premiers symptômes.

Il ne sera cependant jamais trop tard, et, pour le bien-être de l’enfant ou de l’adolescent. 

Quelle prise en charge pour aider mon enfant avec une phobie scolaire ?

L’objectif principal est d’amener l’enfant à retrouver le chemin de l’école le plus rapidement possible et d’éviter toutes conséquences sur du plus long terme. Il est donc recommandé de miser sur des thérapies cognitivo-comportementales (TCC). Il a été prouvé que c’est la thérapie la plus efficace dans le traitement de la phobie scolaire. 

De cette manière, l’enfant aura à la fois les outils pour retrouver sa scolarité, mais comprendra pourquoi il a ses angoisses. Les expositions qui sont proposées au sein de cette thérapie (qu’elles soient virtuelles ou réelles) vont lui permettent d’appréhender ses angoisses, et d’apprendre à les gérer pour retrouver sa sérénité.  

Il est important que, dans un premier temps, la prise en charge soit individuelle  pour s’adapter au mieux aux problématiques de l’enfant, qui pourra exprimer pleinement son mal-être.

L’enfant doit pouvoir avoir une entière confiance en son thérapeute (psychiatre ou psychologue). Rassurez le alors sur le fait qu’il pourra s’exprimer honnêtement auprès de lui ou d’elle sans que les informations soient partagées. Il se peut qu’il n’arrive pas à parler de ses difficultés avec vous, mais qu’un thérapeute l’aidera à mettre en mots sa souffrance. 

 

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