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Aujourd’hui, nous allons parler de la gestion des émotions et de l’anxiété grâce au système ACARA. Cette technique est généralement expliquée lors de la troisième séance à des patients anxieux.

L’acronyme ACARA

Lors de vos séances, il vous faut établir un dialogue avec vos patients. Le Dr Malbos propose donc de commencer cette séance en posant une question : qu’est-ce que c’est qu’un acronyme ? 

Un acronyme, c’est un mot composé de lettres et chacune de ses lettres fait référence à un mot en particulier. Dans notre cas, chacune des lettres est en fait, une technique que vous allez enseigner à vos patients. 

 

A : Accepter l’anxiété

C’est le point clé de toute la thérapie. Vos patients doivent réaliser que l’anxiété est paradoxale. C’est-à-dire que plus ils vont vouloir contrôler l’anxiété et plus elle va augmenter. C’est lié au fait que beaucoup de vos patients sont obsédés par l’idée de contrôle. Ils veulent se contrôler, contrôler leurs émotions, contrôler leur anxiété, contrôler les autres, contrôler les événements…etc. Or, vous le savez déjà, il ne faut pas tout contrôler et il faut parfois lâcher prise. 

L’idée, c’est que vos patients doivent comprendre qu’ils ne peuvent pas contrôler leur anxiété. Et que plus ils chercheront à la contrôler, plus elle va augmenter. Vos patients doivent faire le choix d’accepter l’anxiété. Accepter le fait d’avoir les mains moites, accepter l’augmentation de leur fréquence cardiaque en se disant que l’anxiété est là pour les protéger et qu’elle n’est pas dangereuse. 

Il faut laisser venir l’anxiété, la laisser être là et la laisser partir. Vous pouvez mettre vos patients en situation pour qu’ils assimilent bien cette acceptation de l’anxiété. Dites leur qu’ils doivent s’imaginer dans la rue avec en face d’eux, une jeune fille qui fait une attaque de panique. Qu’est-ce que vos patients vont dire à cette jeune fille ? Demandez-leur. Beaucoup de patients vont probablement lui dire “calmez-vous, tout va bien” et ils auront tout faux ! “Calmez-vous” fait appel au contrôle, ce qu’il faut justement éviter si on ne veut pas aggraver la situation. Il vaut mieux dire à cette jeune fille “Je comprends ce que vous ressentez. Asseyez-vous si vous voulez, je reste à vos côtés. Ça va bien se passer et ça va passer.”. Cet exemple de la jeune fille, c’est exactement ce que doivent faire les patients pour eux même. 

 

Acceptabilité contre souffrance

Si aujourd’hui il pleut, allez-vous pouvoir contrôler le temps ou aller vous accepter le temps comme il est ? Une personne qui est dans la résistance va se braquer, résister et va donc souffrir. Alors qu’une personne qui accepte le mauvais temps va profiter de sa journée avec un parapluie sur sa tête. 

Un autre exemple d’acceptabilité pour éviter la souffrance c’est le “panic surfing”. Si l’anxiété était une vague australienne de deux mètres qui se dirige vers vous, allez-vous vous dresser face à elle ? Non, si vous tenez un peu à votre survie, vous allez plonger sous elle et la laisser passer au-dessus de votre tête. 

 

C : Contempler l’anxiété

Lorsque vos patients sont anxieux, ils doivent mesurer leur anxiété de 0 à 100. “Une gare de métro bruyante, les mains moites, les portes de la rame qui se ferment derrière moi, le métro rempli de monde, du mal à respirer : mon niveau d’anxiété est à 60.” Grâce à ces mesures, votre patient va prendre conscience que l’anxiété est toujours temporaire. Elle augmente, se stagne et redescend. 

 

A : Agir avec l’anxiété

Lorsque le patient est anxieux, il doit continuer de faire ce qu’il était en train de faire. Continuer sa vaisselle à la vue d’une araignée, continuer de marcher vers un auditorium. Bien sûr, votre patient a le droit de s’écarter légèrement de l’évier ou de marcher plus lentement vers la foule mais il ne doit pas stopper ce qu’il faisait. Faire des exercices de relaxation pour calmer cette anxiété, c’est aussi agir ! 

On ne peut pas contrôler ses émotions et on ne peut pas vraiment contrôler ses pensées. Alors, demandez à vos patients qu’elle est la chose qu’ils peuvent contrôler ? C’est le comportement, autrement dit, les gestes, les actions. Même si vos patients sont anxieux, s’ils veulent continuer d’avancer vers l’auditorium, physiquement, ils le peuvent. L’anxiété ne provoque pas autant de chaos qu’ils l’imaginent. 

 

Une action à la fois

Vos patients doivent respecter deux règles. La première est que lorsqu’ils sont anxieux, ils ne doivent faire qu’une seule chose à la fois. Cela permet d’éviter la diversion qui, elle, n’est pas efficace sur le long terme. Lorsqu’on conduit, on ne regarde que la route, on se concentre sur chacune de nos actions. On ne parle pas au passager. Oui, ça va peut-être apaiser le conducteur sur le court terme mais pas sur le long terme. 

 

Ralentir ses gestes

Lorsque votre patient est dans une situation anxiogène, demandez-lui de ralentir et de décomposer chacun de ses gestes. Le fait de ralentir, ça fait baisser l’anxiété et ramène le calme. À l’inverse, l’empressement va aggraver l’anxiété. 

 

R : Répéter les trois étapes précédentes

Votre patient doit tout simplement répéter les étapes que nous venons d’expliquer. Ils doivent accepter l’anxiété, c’est-à-dire ne pas lui faire face. L’anxiété n’est pas dangereuse, elle va passer, je n’ai qu’à plonger sous la vague. Ils doivent ensuite contempler l’anxiété. C’est-à-dire la mesurer pour finalement se rendre compte qu’elle n’est que passagère. Puis, ils doivent agir avec cette anxiété. Nous n’avons de contrôle que sur nos actions. En les ralentissant et en les saccadant, je n’aggrave pas mon état d’anxiété. 

 

A : Attendre le meilleur

C’est la dernière lettre de cette technique ACARA. “Attendre le meilleur” ça veut dire que votre patient doit attendre ce qu’il y a de mieux. Comme ses pensées catastrophiques ne sont pas réalistes (l’avion va s’écraser, le chien va me mordre, je vais rester enfermé dans le métro, je ne sortirai jamais de cet ascenseur…etc.) elles ne se réaliseront jamais. Votre patient ne peut donc attendre que le meilleur, c’est-à-dire, ce qui est réaliste. 

Pour que vos patients n’oublient pas la méthode ACARA, le Dr Malbos conseille de l’écrire sur un papier qu’ils devront glisser dans leur portefeuille. Ainsi, en cas de situation angoissante, s’ils perdent leurs moyens, ils auront toujours cette petite fiche sur eux. 

La méthode ACARA est souvent associée au slogan ou auto-instruction positive découvrez notre article. 

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